"Etre jeune", de Samuel Ullman

 La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit,

une question de volonté, une qualité de l'imagination,

une vigueur des émotions, la fraîcheur de la source de vie,

une victoire du courage sur la timidité, 

du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

 

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : 

on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal. 

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l'âme.

 

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis,

qui lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

 

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.

Il demande comme l'enfant insatiable : et après ?

Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

 

Vous êtes aussi jeune que votre foi.

Aussi vieux que votre doute. 

Aussi jeune que votre confiance en vous-même.

Aussi vieux que votre peur.

Aussi jeune que votre espérance.

Aussi vieux que votre abattement.

 

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.

 Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.

Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

 

Si votre esprit se recouvre de la glace du cynisme et du pessimisme,

alors vous vieillirez, même à vingt ans. Mais si vous restez ouvert
et que vous captez l'espérance, vous mourrez jeune à quatre-vingts ans !

 

Version du Général Mac Arthur, 1945, revue selon la version originale (ci-dessous)

 

                    "Youth" : version originale

 La jeunesse n’est pas un moment de la vie – c’est un état d’esprit. Ce n’est pas une histoire de joues roses, de lèvres rouges et de genoux souples, c’est une histoire de volonté, une qualité de l’imagination, une vigueur des émotions. C’est la fraîcheur des sources profondes de la vie. La jeunesse signifie la victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort. Souvent, on la rencontre chez un homme de soixante ans plutôt que chez un jeune de vingt ans. La vieillesse ne se mesure pas simplement au nombre des années. On vieillit quand on a déserté ses idéaux.

 

Les années rident la peau mais abandonner son idéal ride l’âme. 

Les soucis, les peurs et les doutes de soi font courber le cœur et retourner l’esprit à la poussière.

 

Qu’il ait soixante ou seize ans, il y a dans chaque cœur humain l’attrait de l’émerveillement, l’enchantement des étoiles et des choses ou des pensées d’étoiles, le goût téméraire des défis, l’insatiable appétit de l’enfant pour ‘et après ?’ et la joie du jeu de la vie. Vous êtes aussi jeune que votre foi, aussi vieux que votre doute, aussi jeune que votre confiance en vous, aussi vieux que votre peur ; aussi jeune que votre espoir, aussi vieux que votre désespoir.

 

Au centre de votre cœur et de mon cœur, il y a une station radio qui capture les ondes ; aussi longtemps qu’elle captera des messages de beauté, d’espoir, de fête, de courage et de puissance venus des hommes et de l’Infini, nous resterons jeunes.

 

Quand l’antenne est baissée, quand votre esprit est recouvert de la neige du cynisme et de la glace du pessimisme, alors vous vieillirez, même à vingt ans. Mais tant que votre antenne est levée pour capter les ondes d’optimisme, il y a des chances pour que vous mourriez jeune à quatre-vingts ans.

 

Traduction de Madeleine Le Jeune du texte original de Samuel Ullman (1840-1924)

 


                         English (short version)

Youth is not a time of life - it is a state of mind,

it is a temper of the will,

a quality of the imagination,

a vigor of the emotions,

a predominance of courage over timidity,

of the appetite for adventure over love of ease.

 

Nobody grows old by merely living a number of years.

People grow old only by deserting their ideals.

Years wrinkle the skin,

but to give up enthusiasm wrinkles the soul.

Worry, doubt, self-distrust,

fear and despair - these are the long,

long years that bow the head and

turn the growing spirit back to dust.

 

Whether they are sixteen or seventy,

there is in every being's heart the love of wonder,

the sweet amazement at the stars

and starlike things and thoughts,

the undaunted challenge of events,

the unfailing childlike appetite

for what is to come next,

and the joy and the game of life.

 

You are as young as your faith, as old as your doubt;

as young as your self-confidence, as old as your fear,

as young as your hope, as old as your despair.

When the wires are all down

and all the innermost core of your heart

is covered with the snows of pessimism

and the ice of cynicism,

then you are grown old indeed.

 

But so long as your heart receives messages

of beauty, cheer, courage, grandeur

and power from the earth,

from man and from the Infinite,

so long you are young.

 

 

                       English (original version)

 Youth is not a time of life; it is a state of mind; it is not a matter of rosy cheeks, red lips and supple knees; it is a matter of the will, a quality of the imagination, a vigor of the emotions; it is the freshness of the deep springs of life.

 

Youth means a temperamental predominance of courage over timidity of the appetite, for adventure over the love of ease. This often exists in a man of sixty more than a boy of twenty. Nobody grows old merely by a number of years. We grow old by deserting our ideals.

 

Years may wrinkle the skin, but to give up enthusiasm wrinkles the soul. Worry, fear, self-distrust bows the heart and turns the spirit back to dust.

 

Whether sixty or sixteen, there is in every human being’s heart the lure of wonder, the unfailing child-like appetite of what’s next, and the joy of the game of living. In the center of your heart and my heart there is a wireless station; so long as it receives messages of beauty, hope, cheer, courage and power from men and from the infinite, so long are you young.

 

When the aerials are down, and your spirit is covered with snows of cynicism and the ice of pessimism, then you are grown old, even at twenty, but as long as your aerials are up, to catch the waves of optimism, there is hope you may die young at eighty.

 

From Randall Short blog : Margaret E. Armbrester’s biography: Samuel Ullman  and “Youth”: The Life, the Legacy